Quand j’étais petit, je voulais être Indiana Jones.
A l’époque, je trouvais juste qu’il avait la méga classe quand, affublé de son chapeau et de sa veste, il combattait les méchants (nazis de préférence) aidé de son fouet et qu’il séduisait des femmes dans des scènes qui faisaient naître en moi un sentiment chaud et trouble ici et là (voir figure 1).
En grandissant, j’ai compris la source de cette fascination.
The Last Shadow Puppets-The Age of the Understatement
Embrasse-moi convenablement et mets-moi en pièces…
Oui, c’était exactement ça être membre du 27ème Jury de la Jeunesse au Festival de Cannes 2008.
Une longue étreinte d’une dizaine de jours dans les bras du cinéma, perdu dans un monde à part où à peine 15 cm carrés de plastique pendouillant autour de votre cou suffisent à vous ouvrir toutes les portes et à vous faire oublier le concept de files d’attente.
Etre juré, c’est un peu comme si le monde du cinéma était amoureux de vous jusqu’à l’obsession.
If you can remember the sixties, you weren’t there
Sagesse populaire
Ce dicton peut pleinement s’appliquer à l’expérience de juré de la jeunesse au Festival de Cannes pour peu qu’on l’adapte au contexte sauf que l’absence de souvenirs est davantage à imputer au manque de sommeil et au visionnage répété de films dans un état principalement second voire troisième ou quatrième au fond du couloir à gauche qu’à la consommation effrénée de drogues diverses (encore que).
Heureusement, j’ai pris soin de prendre suffisamment de notes sur les films vus et les expériences vécues et je dispose de suffisamment d’imagination pour surmonter cette difficulté et vous fournir un compte rendu aussi fidèle et intéressant que possible.
The books will finally stop falling on the other side of the shelf
Michael Caine lors de la remise de son second Oscar
Parlons cinéma ! Parlons films ! Parlons Prix !
C’est vrai, quoi ! Cannes ce n’est pas que le Jury Jeune et sa belle brochette de jurés fascinants au charisme animal. On a tendance à l’oublier mais il y a d’autres jurys qui certes ne bénéficient pas d’une couverture médiatique aussi importante mais qui gagnent toutefois à être connus.
Si vous avez suivi ce feuilleton rocambolesque depuis le début vous savez qu’en dépit des apparences, le Jury Jeune n’a pas été invité à Cannes juste pour voir des films avant tout le monde, prendre des poses gracieuses sur les marches du palais dans des costumes hors de prix et boire des coups en compagnie du gratin cinématographique mondial.
En effet, le Jury jeune est venu à Cannes avec une mission.
Attention : vous êtes sur le point de lire une version des circonstances ayant mené à l’attribution du prix de la Jeunesse qui diffère notablement de la version officielle que vous avez pu lire dans le volume 4 de ce compte rendu. Je laisse le soin au lecteur clairvoyant de démêler le vrai du faux.
Festival de Cannes, Vendredi 23 mai, 4h00 du matin
Je suis arraché à un sommeil réparateur par le bruit de mon téléphone portable vibrant sur le linoleum de l’appartement. Dans les ombres du salon, j’entends Karim grogner et se retourner sur son canapé lit. Je décroche mécaniquement et réponds d’une voix pâteuse, trop fatigué pour être en colère.
Après tout, français, vous avez tous indirectement contribué à la venue de ce Jury à Cannes par conséquent, vous avez le droit de savoir. Je suis bien conscient du risque que je prends en révélant à l’opinion publique les sombres secrets de Cannes et de ce 27ème Prix de la Jeunesse.
Peut-être vais-je me réveiller un matin et découvrir sous les draps le corps mutilé de ma Playstation 2 ? Vais-je recevoir des menaces de mort me demandant d’arrêter de raconter des « niaiseries ? » ?
Ou pire encore, vais-je recevoir la visite personnelle de Roselyne Bachelot (Ministre de la Santé et de la Jeunesse) en sous vêtements affriolants ?
Par le plus grand des hasards (et je vous jure que ce n’était pas prémédité), ce compte rendu tiendra au final en 7 volumes.
Comme les 7 merveilles du monde
Comme les 7 jours de la semaine
Comme les 7 pêchés capitaux
Comme les 7 samouraïs
Comme les 7 mercenaires
Comme les 7 membres du 27ème Jury de la jeunesse
J’espère que ce compte rendu vous a permis de mieux comprendre ce qu’a représenté pour nous cette aventure et surtout qu’il vous a interrogé, diverti et intéressé.
Cette rubrique “Stan regarde des films” va plus que jamais mériter son titre.
En effet, j’ai le plaisir et l’honneur de vous annoncer que votre chroniqueur préféré a été choisi parmi 60 jeunes européens dont 40 français pour officier en tant que juré du Prix de la Jeunesse à l’occasion du 61ème Festival de Cannes. Avec mes 6 autres collègues membres du jury, je serai chargé de remettre le Prix de la Jeunesse ainsi que celui du Regard Jeune. Je serai donc présent à Cannes du 13 au 26 mai, c’est à dire pendant toute la durée du Festival par invitation des ministères de la Jeunesse et de la Culture.
En tant que membre d’un jury, mon devoir de réserve m’impose de de pas communiquer sur les films que je verrai en exclusivité pendant la durée du Festival mais soyez certains qu’une fois celui ci terminé, je vous ferai partager mes coups de coeur, coups de gueule sous forme d’un bilan de ce 61ème Festival et sûrement bien plus encore.
Alors restez connectés et bonne lecture!
Rien qu’à la regarder, vous savez déjà que vous êtes en présence d’un petit bijou de pop!
La belle, la puissante, la douce amère, celle des Beatles, celle qu’on faisait dans les sixties avec des peines de coeur, des guitares qui hurlent et des arrangements avec violons qui montent en tourbillonnant vers les sommets de l’émotion.
Vous croyez que j’en fais trop?
Même pas.
Ce disque ça fait presque un mois qu’il tourne tous les jours et que je ne m’en lasse pas!
Alors foncez l’écouter ou l’acheter et si vous n’êtes pas convaincus, repassez d’ici deux ou trois semaines et je vous expliquerai pourquoi ce disque est important et pourquoi il s’agit du meilleur disque de pop depuis “Funeral’ d’Arcade Fire!